Solidaire Emilie ?

C’est peut-être surprenant, mais je suis portée à croire que Emilie a appris la solidarité justement dans la vie « solitaire » qu’elle a connue dans son enfance. Jeune encore elle a manqué de compagnie dans ses jeux, ses divertissements, ses réflexions… sa maman trop tôt enlevée ne peut écouter les raisonnements de sa petite fille et cette solitude, qui apparemment aurait pu la replier sur elle-même, l’a au contraire obligée, en raison de sa manière d’être, des dons reçus de Dieu lui-même, à chercher où vivre cette puissance de don qu’elle ressentait en elle et qui apparemment ne coïncidait pas avec la manière de vivre de son entourage immédiat.

Lorsqu’elle déclare :  « je sens que le Seigneur me demande de grands sacrifices. Je comprends que je ne dois pas rester ici, le bonheur duquel j’ai joui sans mesure me retient très éloignée de ce Dieu qui a voulu naître dans une étable, a travaillé, a souffert et est mort pour nous »… il est clair qu’elle reçoit de Dieu un appel à se faire solidaire de ces hommes, de ces femmes, pour qui lui-même est venu sur terre. Etre solidaire avec Jésus,  comme Jésus, pour Jésus, c’est du même coup se faire solidaire de l’être humain quel qu’il soit, mais plus spécialement de celui qui est en manque… à l’image de Jésus qui est venu pour qu’ils aient la vie…

Un coup d’œil rapide sur le Manuscrit préparatoire à la fondation, écrit sans doute vers le mois de novembre 1836 nous dit déjà ce qu’Emilie entend par solidarité…

1.      But et emploi de notre Ordre, la première, l'œuvre de la miséricorde qui consistera à distribuer du pain tous les jours, d'après la liste que nous dresserons, avec le secours de messieurs les curés, afin de bien connaître les pauvres.

2.      Nous donnerons aussi des remèdes, le bouillon, la crème de riz et autres. Nous panserons les malades qui viendront nous trouver. Tous les matins, nous irons les voir chez eux pour connaître leurs besoins et, s'ils sont plus malades, il sera désigné un médecin pour les pauvres et sur son ordonnance nous donnerons les remèdes.

3.      Nous formerons aussi un atelier d'ouvrage où nous apprendrons aux jeunes filles toutes sortes d'ouvrage et, si nous avons des fonds, nous élèverons dans la maison des jeunes filles orphelines ou pauvres et pouvant recevoir dans leur famille de mauvais exemples.

4.      Nous nous chargerons de la nourriture des prisonniers et du soin de leur linge.

5.      Voilà à peu près, les œuvres principales. Si, par la suite, il s'en présente d'autres que nous puissions adopter, nous le ferons, par exemple une salle d'asile, et aussi, une salle pour faire chauffer les pauvres.

Comme nous le voyons il ne s’agit pas d’aumônes, de dons en argent liquide, mais d’une réelle solidarité avec qui est en manque et ces formes de solidarité visent, les unes et les autres, à améliorer la qualité de la vie ! même quand il s’agit du soin des prisonniers.



28/10/2009
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