ENGAGÉ DANS LA LUTTE CONTRE LA TRAITE

PROJET D’APPUI

 

AU FOYER SAINT JOSEPH

DE PARAKOU

Les enfants réapprennent à jouer et retrouvent leur joie de vivre. 


 

Projet d’Appui pour le fonctionnement du Foyer saint Joseph et la barque du marché dépôt dans la ville de PARAKOU pour la lutte contre  la traite et l’exploitation des enfants au Bénin.

 

L’exploitation de la main-d’œuvre enfantine, la traite des enfants, sont devenus une pratique courante au Bénin et constituent une déviation du système traditionnel de « confiage » d’enfants naguère considéré comme une stratégie de renforcement des  liens familiaux et de cohésion sociale.

 

L’effritement des mœurs, la démission de certains parents, la paupérisation de plusieurs localités surtout des campagnes expliquent ces nouveaux comportements et abus.

 

A côté de l’exploitation et de la traite, de nombreuses filles mineures sont victimes de mariage forcé. Ce phénomène culturel est devenu un vrai commerce : les parents, à l’insu de la fille, ont déjà perçu une somme d’argent d’un quelconque prétendant dont elle fera la connaissance quelques jours avant le mariage.

 

Le viol de filles mineures commence aussi à prendre de l’ampleur.

 

Notre expérience en tant que congrégation dans la lutte contre la traite et l’exploitation des enfants mineurs a débuté en décembre 2005 avec au départ des activités en milieu ouvert au marché dépôt de Parakou.  Une baraque au marché dépôt a été ouverte avec l’aide de l’UNICEF dans le cadre des aides à apporter aux enfants en difficultés. Les enfants reçu(es) à la baraque proviennent de différentes régions du Bénin, voire des pays voisins tels que le Nigéria et le Togo.

 

Dès qu’ils intègrent la baraque, ces enfants sont pris en compte par les animatrices qui procèdent à leur alphabétisation : elles leur apprennent à lire, à compter en français. Les plus jeunes enfants sont scolarisés après avoir recueilli l’avis des parents ou des tuteurs. Pour encadrer ces enfants, nous avons recruté deux animatrices supervisées par une religieuse.

 

Pendant les après-midi, nous accueillons les petites vendeuses du marché pour les écouter, leur donner une formation par le biais de l’alphabétisation, la couture, l’apprentissage de fabrication du savon et tout simplement  la possibilité de vivre leur enfance par le jeu.

 

Grâce à la formation préalable qui leur est dispensée, nous avons pu scolariser plusieurs de ces filles. Plus de cinquante filles ont déjà bénéficié des activités proposées par l’espace éducatif du marché. 3 garçons et 7 filles ont été scolarisés en 2007 et en 2008 : 1 garçon et 16 filles.

 

En décembre 2006, notre action s’est élargie par l’ouverture du Foyer Saint Joseph construit par un bienfaiteur italien. Dans ce foyer, nous accueillons garçons et filles victimes de trafic, c’est-à-dire convoyés vers le Nigeria ou d’autres localités par des trafiquants pour, à longueur de journée, travailler dans les champs ou casser des pierres dans les carrières moyennant de l’argent que les trafiquants embauchent. Certains sont vendus purement et simplement. La priorité est donnée aux filles dans le Foyer donc les filles sont supérieures aux garçons.

 

La lutte pour protéger les enfants du trafic et de la maltraitance est l’une des priorités de la mission de nos sœurs Inès Germaine Gomis, André Maire Angles et Béatrice Anato qui sont aidées par un opérateur social monsieur Maurille Sindjalum et une maîtresse, madame Geneviève Bawa au Foyer saint Joseph de Parakou. Ils s’occupent aussi bien de la prévention que de la prise en charge et de la réinsertion des jeunes victimes. Le temps qu’ils passent au foyer leur permet de panser leurs blessures pour leur redonner la joie de vivre et leur dignité humaine.

 

La deuxième catégorie accueillie au foyer concerne les filles victimes de mariage forcé, de viol, maltraitées et exploitées dans leur travail.

 

Quand nous recevons toutes ces catégories d’enfants déjà cités, le premier geste après la douche, est de leur offrir des vêtements propres et à manger car ils arrivent souvent en haillons, tenaillés par la faim et  souffrant quelques fois des sévices corporelles reçues.

 

 Ces enfants restent au foyer environ quatre mois ou plus, le temps de panser leurs blessures psychologiques et de rechercher les parents pour une réintégration dans leur milieu familial, suivie de la réinsertion. La réinsertion consiste à les inscrire à l’école ou en apprentissage pour apprendre un métier de leur choix.

 

Cependant, les filles victimes  de mariage forcé ou de viol séjournent au foyer pour une durée de trois à six ans maximum.

 

Depuis l’ouverture du foyer en janvier 2007 jusqu’à ce jour, nous avons accueillis plus de 618 enfants victimes de l’un ou l’autre des maux que nous venons de décrire.

 

Il est important pour nous d’aider à la réinsertion scolaire ou à l’apprentissage les enfants que nous réintégrons dans leur milieu familial pour ne pas retomber dans la même situation. Etant donné l’état dans lequel nous arrivent  les enfants que nous recevons au foyer, l’aide d’un psychologue est d’une grande nécessité pour nous aider dans cette tâche.

 

L’urgence pour nous en ce moment est le fonctionnement du foyer pour l’année juin 2010 – à juin 2011 et l’extension du foyer : chambres, salles de formations professionnelles, équipements…... pour que la jeune fille retrouve sa dignité...

 

 



30/05/2010
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